mercredi 29 février 2012

Questionnement sur la précarité d’emploi en éducation

C’est à cette époque de l’année que je constate que l’an prochain est flou… Après 5ans d’expérience je ne sais pas l’école où je vais travailler avant la mi-juillet. J’ai toujours bien géré cette instabilité mais maintenant ça commence à me déranger.

Depuis deux ans je suis à la même école, heureux hasard qui m’a fait réaliser à quel point c’est agréable de pouvoir tisser des liens plus solides avec la direction, les collègues ainsi que les élèves. A chaque nouvelle école, je passe toute mon énergie des premiers mois à faire mes preuves, à connaître le système, à m’installer… Cette année, je n’ai donc pas eu à faire cela, j’ai pu réaliser des projets d’envergures avec mes groupes, rendre le local plus fonctionnel à long terme, mémoriser la moitié des prénoms car les autres étaient mes élèves de l’an dernier…. Sans compter le lien de confiance avec la direction qui m’a permis de faire valoir mes points plus rapidement.
Bref, la stabilité à ces biens fait au niveau équilibre personnel mais aussi pour les élèves car je suis davantage présente pour eux.

Je partage un exemple concret de ma situation actuelle :
Cette été je pars en Haïti donner des ateliers d’arts dans une école, je construis un projet d’arts plastiques entre les élèves de ma classe et ceux d’une classe là-bas. J’ai l’intention de ramener les projets dans le but d’exposer en septembre…. Quel bel impact pourrait avoir ce genre de projet quand les élèves apercevront l’an prochain leurs œuvres en collaboration international afficher dans les vitrines de l’école…. Wow !
Mais le problème reste que je suis sur une liste de priorité alors qui sait si j’aurais encore ce contrat l’an prochain…. Donc qu’adviendra-t-il des résultats de ce merveilleux projet… aucune idée encore !

Mon message est le suivant, je comprends qu’en début de carrière les enseignants vivent une certaine précarité d’emploi… J’estime que dans mon cas la totalité des années précaires s’élèveront environ à 10 ans… 10 ans sans savoir où je vais travailler en septembre, 10 ans sans planifier à long terme des projets qui pourraient être tellement significatifs dans la réussite des élèves.

7 commentaires:

  1. Ton point de vue est bien intéressant Maude mais il n'y a rien encore pour quoi s'angoisser ou sentir cette "précarité d'emploi" dont tu nous parles! heureusement tu es encore jeune et surtout, chanceuse! de quoi? ben... de tout! Née dans un beau et important pays (malgré les problèmes) je suppose bilingue (très important aujourd'hui) assez stable économiquement, éducation supérieure de premier monde et surtout avec une portail d'opportunité appelé Haïti! Là-bas tu auras certainement la révélation à plusieurs des questions que tu te poses aujourd'hui! Qui a dit que comme enseignantes nous devons rester à travailler dans nos pays! Le monde c'est notre salle de classe! Ouvre ton esprit, ta pensée et tes connaissances! Tu as dix ans encore! et plus je crois! Haïti te rendra différente, je suis sûre malgré qu'on n'a jamais parlé! peux de chanceux d'y aller! Profite! et bon voyage! bon apprentissage!

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    1. Je sais la chance que j’ai ne t’inquiète pas pour moi ! Je précise : je n’ai pas parlé d’angoisse mais bien d’une préoccupation qui me tiens à cœur, favoriser la réussite des élèves….et je crois que le bien-être des enseignants en fait parti. Je maintiens mon point de vue en disant que 10 ans pour avoir une stabilité d’emploi dans un domaine si important que l’éducation est tout simplement ridicule (heureusement il ne m’en reste que 5 !). Il y a toujours pire ailleurs ça je te l’accorde mais nous devons continuez à nous battre pour de meilleures conditions peu importe ou nous sommes.
      Mon esprit est très ouvert ne t’en fait pas, j’ai fais plusieurs voyages dans ma vie, j’ai enseigné dans plusieurs écoles, multiples matières qui n’étais pas les miennes, fait de la suppléance pas toujours facile. Je gère 300 élèves par année et j’élève un enfant seule à l’approche de la trentaine je n’ai pas l’impression de sortir d’un nid si douillet... Me faire dire d’ouvrir mon esprit quand les gens ne connaissent pas ma situation est plus ou moins pertinent.
      Je crois qu’il est de notre devoir d’améliorer nos conditions de travail et le premier pas est d’en parler !

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    2. Mais c'est très bon ça! tu as bcp d'expérience et en plus tu es très forte dans plusieurs situations! tu verras comme les portes s'ouvrent et à chaque fois, à chaque pas la stabilité arrivera! grâce à ton expérience tout ira en prenant une meilleure forme! et ne t'en fait pas je ne t'écris pas pour te déranger, rien de ça! mais je crois que ce sont bien intéressants tes positions par rapport au sujets! tu nous fais parler!
      Bon, la vie d'enseignante n'est pas facile mais on est venues pour lutter!

      Bon voyage et bon projet bientôt en Haïti!

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  2. C’est vrai que la précarité d’emploi en éducation comporte plusieurs désavantages. C’est un stress renouvelé chaque année. En effet, on doit s’adapter à une nouvelle école, une nouvelle classe, de nouveaux collègues, une nouvelle direction et on doit souvent aussi s’adapter à enseigner à différents niveaux. C’est donc beaucoup de travail qu’on demande aux nouveaux enseignants! De plus, comme vous l’avez déjà mentionné, c’est déplaisant de devoir refaire nos preuves et de recréer des liens avec les gens d’un nouveau milieu. Mais bon, cela peut être aussi enrichissant du point de vue de l’expérience que celle-ci nous apporte. On apprend beaucoup au cours de ces premières années d’instabilité d’emploi. Par exemple, on apprend à développer nos méthodes d’enseignement et à connaître nos préférences quant au niveau scolaire qu’on aimerait enseigner. Bref, même si cela paraît désagréable de ne pas bénéficier d’une stabilité d’emploi, on peut toutefois voir le bon côté des choses.

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  3. Comme je comprends ta frustration Maude. Personnellement, j'ai choisi de rester à la maison avec mes enfants jusqu'à ce qu'ils entrent à l'école. C'est un choix que j'ai fait et je ne le regrette pas. Mais, avec chaque début d'année revient la quête de l'emploi. Cette précarité d'emploi me donne l'impression de vivre à l'hôtel: toujours dans les valises sans pouvoir s'installer et mettre l'endroit à notre goût. Avec des enfants, cette insécurité mine encore plus le moral. La routine de nos petits devra-t-elle encore changer avec une nouvelle organisation du temps? De mon côté, j'ai la chance d'être en couple et supportée financièrement et moralement. Je te souhaite de pouvoir rester à ton école l'an prochain pour pouvoir mener à terme les beaux projets entrepris.

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  4. Maude, ton biais est vraiment très intéressant et nous fait réaliser plusieurs points. Le début de carrière pour un enseignant est vraiment très difficile et stressant. Je suis une personne qui, à la base, n'aime pas le changement et je me sens bien uniquement lorsque je suis très à l'aise et que je connais mon entourage. Cette situation de précarité d'emploi est donc très difficile pour moi aussi, donc je comprends très bien ton point de vue. Le changement de collègues, le changement d'école, le changement de milieu, le changement de direction chaque année pendant 10 ans font peur. Pour l'instant, je travaille dans une école privée et j'espère de tout cœur pouvoir y rester longtemps puisqu'il n'y a pas de longue liste d'attente.

    Pour ce qui est de ton projet, je trouve que c'est une énorme perte pour ton école si tu dois changer d'école. C'est vraiment dommage les listes d'attente puisqu'avec ce beau projet tu es une personne très enrichissante pour cette école. Je souhaite vraiment que tu puisses revenir à ton école l'an prochain puisque le projet que tu mènes est vraiment très inspirant.
    Bravo !! :)

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    1. Merci, je suis contente de constater que je ne suis pas seule! Ton commentaire est très gentil.
      Au plaisir

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